Communiqué de presse
Transposition de la position commune et RTT
Une infraction au dialogue social lourde de conséquences sur la santé au travail
La CFDT
exprime son profond désaccord avec la partie du projet de loi de
transposition de la « position commune » traitant de la
durée du travail. Les dispositions envisagées peuvent
conduire à des détériorations graves de la vie au
travail. De plus, elles traduisent un profond mépris à
l’égard des partenaires sociaux.
Le projet de loi réduit considérablement les garde-fous
existants en matière d’organisation du temps de travail :
• le pouvoir unilatéral de l’employeur est
élargi en matière de modulation et d’application de
jours RTT sur l’année ;
• ’accord d’entreprise a systématiquement la
primeur en matière de contingents d’heures
supplémentaires, forfait annuel, forfait jour, au
détriment des accords de branche ;
• la possibilité de déroger aux accords collectifs
par le « gré à gré »
employeur/salarié est pérénnisée.
Le projet de loi peut être lourd de conséquences pour les conditions de vie et de travail :
• les repos compensateurs sont revus à la baisse avec le
risque pour les salariés d’effectuer des heures
supplémentaires plus fatigantes avec moins de repos
• les forfaits annuels en heures ou en jours sont étendus
et l’accord écrit du salarié est supprimé
L’État, à travers la loi, se doit
d’être garant du cadre préservant les conditions de
vie et de travail. Il ne peut d’un côté communiquer
sur la dégradation des conditions de travail,
l’augmentation des TMS et du stress au travail, et de
l’autre coté, déréguler la durée du
travail avec le risque d’aggraver ces phénomènes.
Avec les nouvelles règles proposées, beaucoup de
salariés pourront être tentés d’accepter des
conditions de travail détériorées dans un contexte
où concurrence et coût du travail sont utilisés
comme moyens de pression par les employeurs.
Après avoir affirmé qu’il respecterait
l’esprit et la lettre de la position commune, le gouvernement
renie ses engagements. Il privilégie une approche
idéologique du temps de travail. Il impose une
réécriture unilatérale de la loi sur les 35
heures. Les partenaires sociaux sont en droit de douter de ses propos
sur la place du dialogue social.n
Déclaration de Marcel Grignard, secrétaire national
© CFDT (communiqué de presse mis en ligne le 28 mai 2008)
|