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La diffusion dans les bureaux de tracts syndicaux est interdite, article           L.2142-4 du code du travail               

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 Dans l'actualité
 

 La diffusion d'un courriel à caractère syndical  à l'ensemble des salariés est toujours Interdite sauf avec  autorisation de l'employeur où un accord d'entreprise.  

L’intranet, réseau de communication interne à l’entreprise fondé sur la technologie de l’internet, s’est généralisé aujourd’hui dans de nombreuses entreprises pour devenir un outil essentiel de communication. De plus en plus d’organisations syndicales souhaitent avoir accès à ce réseau.
On peut alors se demander où en est le droit du travail concernant l’utilisation des intranets d’entreprises par les organisations syndicales ?
Il y avait un vide juridique jusqu’en mai 2004, car il n’existait pas de textes législatifs spécifiques concernant l’utilisation des intranets par les organisations syndicales.
La publication le 5 mai 2004, au Journal Officiel de la loi 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle offre désormais de nouvelles perspectives.


 

1/ Les nouvelles dispositions de la loi du 4 mai 2004

De plus en plus fréquemment, les entreprises doivent répondre aux demandes des organisations syndicales désireuses d’utiliser l’intranet de l’entreprise comme moyen de communication syndicale.

Avant la loi du 4 mai 2004, une seule réponse du Gouvernement à une question écrite au Parlement précisait :

« Il appartient aux organisations syndicales de rechercher, par voie d’accord avec l’employeur, les modalités d’accès à la messagerie générale et de diffusion des messages à caractère syndical sur celle-ci… même si, l’intranet ayant vocation à être un instrument strictement professionnel, aucune disposition ne contraint l’employeur à accorder aux organisations syndicales l’accès à ce réseau » (JO du 1er Février 1999).

La nouvelle loi du 4 mai 2004 précise quant à elle :

« Un accord d’entreprise peut autoriser la mise à disposition des publications et tracts de nature syndicale, soit sur un site syndical mis en place sur l’intranet de l’entreprise, soit par diffusion sur la messagerie électronique de l’entreprise. Dans ce dernier cas, cette diffusion doit être compatible avec les exigences du bon fonctionnement du réseau informatique de l’entreprise et ne pas entraver l’accomplissement du travail. L’accord d’entreprise définit les modalités de cette mise à disposition ou de ce mode de diffusion, en précisant notamment les conditions d’accès des organisations syndicales et les règles techniques visant à préserver la liberté de choix des salariés d’accepter ou de refuser un message. »

Le texte, qui modifie l’article L 412-8 du code du travail qui réglemente la diffusion des tracts, fixe de nouvelles règles concernant l’utilisation, au sein de l’entreprise, de l’outil informatique et renforce ainsi l’accessibilité du droit conventionnel et l’encadrement de l’usage syndical d’un intranet ou de la messagerie électronique.

Le cadre légal se précise, mais la mise en œuvre concrète passera par des négociations entre employeurs et organisations syndicales.

En matière d’envoi de tracts par courrier électronique, aucune disposition du Code du travail ne permettait jusqu’ici aux organisations syndicales d’adresser des tracts par courrier électronique. Plusieurs juridictions avaient notamment confirmé ce principe en sanctionnant une telle utilisation. C’est pourquoi les partenaires sociaux devaient négocier, dans le cadre des accords d’entreprise sur l’utilisation des outils informatiques, les modalités de diffusion de ces « e-tracts ».

De plus, la loi modifie les dispositions de l’article L 135-7 du Code du travail relatif à l’information des salariés et des représentants du personnel sur le droit conventionnel (conventions collectives, etc…) applicable dans l’entreprise. Ce texte précise les modalités que doivent revêtir, à défaut de convention de branche ou d’accord professionnel en la matière, l’information des salariés sur les règles qui leur sont applicables.

Ainsi, le nouveau texte prévoit que « dans les entreprises dotées d’un intranet, l’employeur met celui-ci à disposition des salariés un exemplaire à jour de la convention ou de l’accord collectif de travail par lequel il est lié ».

2/ L’accord d’entreprise sur les modalités d’utilisation de l’intranet

Il existe déjà des accords dans certaines entreprises : France Telecom, Technip, Groupama, Renault …

La nouvelle rédaction de l’article L 412-8 du Code du travail prévoit qu’un accord d’entreprise peut automatiser la mise à disposition des publications et tracts de nature syndicale, soit sur un site syndical mis en place sur l’intranet de l’entreprise, soit par diffusion sur la messagerie électronique de l’entreprise.  Dans ce dernier cas, cette diffusion doit être compatible avec les exigences de bon fonctionnement du réseau informatique de l’entreprise et ne pas entraver l’accomplissement du travail.

L’accord définit les modalités de cette mise à disposition, en précisant notamment les conditions d’accès des organisations syndicales et les règles techniques visant à préserver la liberté de choix des salariés d’accepter ou de refuser un message.

La première obligation est donc celle d’une négociation préalable, à défaut de laquelle « l’accès par les organisations syndicales à l’intranet et la messagerie électronique de l’entreprise ne peut être considéré comme légitime ».

Tout comme le cas CFDT/Clear Channel, Cour de cassation, Chambre sociale, 25/01/2005, n°02-30-496.

La CFDT a envoyé des tracts syndicaux sur toutes les adresses mail des salariés de la société Clear Channel, sans accord de l’entreprise.

La Cour de cassation ne voit qu’une chose : « l’employeur a été mis devant le fait accompli. »

Elle est nette : « mais attendu que la diffusion de tracts et de publications syndicaux sur la messagerie électronique que l’entreprise met à la disposition des salariés n’est possible qu’à la condition, soit d’être autorisé par l’employeur, soit d’être organisé par voie d’accord d’entreprise. » L’autorisation de l’employeur ou la négociation est donc indispensable.

La seconde règle à observer est le respect des droits d’information et d’opposition préalable. « Les salariés doivent être clairement et préalablement informés de cette utilisation afin de pouvoir manifester leur accord ou leur opposition à l’envoi de tout message syndical sur leur messagerie professionnelle. »

En conséquence, l’accord d’entreprise lui-même doit préciser les modalités selon lesquelles les employés peuvent s’opposer à recevoir des messages électroniques émanant d’organisations syndicales. Et ce « droit ainsi que ses modalités d’exercice devraient être systématiquement rappelés dans tout message ultérieur afin que les salariés puissent, à tout moment, manifester leur volonté de s’opposer à la réception de messages syndicaux ».

Si l’envoi du tract par le biais de la messagerie se trouvait confronté à la difficulté du refus du message, le problème est donc aujourd’hui réglé. Ce principe est d’ailleurs conforme à la jurisprudence relative à la distribution des tracts. Les décisions rendues estiment, en effet, que le tract ne peut pas être déposé en « paquets », par exemple à la sortie d’une cantine. Il est ainsi exigé qu’il y ait un acte de remise, avec en conséquence, une acceptation de réception. Le régime du tract virtuel est ainsi calqué sur celui du tract traditionnel papier.

C’est pourquoi la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) recommande en outre de prévoir l’indication systématique du caractère syndical du message électronique dans son objet.

La troisième condition  doit respecter la confidentialité des échanges électroniques éventuels des salariés avec les organisations syndicales, ainsi que les mesures de sécurité. L’accord conclu devrait ainsi rappeler cette obligation de confidentialité, à laquelle tant les employeurs que les organisations syndicales sont tenus. Et l’employeur ne devrait pas pouvoir exercer de contrôle sur les listes de diffusion constituées.

Enfin, le principe de finalité doit être respecté : les adresses de messagerie électronique des salariés ne peuvent être utilisées par les organisations syndicales ou par l’employeur « pour d’autres raisons que la mise à disposition de publications et tracts de nature syndicale ».

L’accord d’entreprise est donc « obligatoire ». Bien entendu, en dehors même d’un accord d’entreprise, l’employeur peut donner son autorisation, soit ponctuelle, soit permanente, pour la diffusion électronique, à conditions toutefois de ne pas faire de discriminations entre les syndicats.

Bien que le nouveau texte ne prévoit pas l’utilisation des ressources informatiques de l’entreprise par les institutions représentatives du personnel (comité d’entreprise, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, délégués du personnel), nombreuses sont celles qui ont déjà commencé à négocier et ont même signé des accords en ce sens.

La CNIL est, par ailleurs, favorable à l’application du texte aux institutions représentatives du personnel.



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