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Bernard Thibault et François Chérèque
s'opposent à toute déréglemention du temps de
travail
À la
demande du président de la République, une
négociation interprofessionnelle s’est
déroulée sur plusieurs mois en vue de modifier les
règles actuellement applicables en matière de
représentativité syndicale, de dialogue social et de
financement du syndicalisme.
Cette négociation a débouché sur la
rédaction d’une « position commune »
approuvée par nos organisations et deux organisations
patronales. Les nombreuses dispositions que cette position commune
propose sont de nature à faire progresser la démocratie
sociale pour chacun des niveaux de représentation syndicale et
de négociation sociale : entreprise, branche professionnelle et
interprofessionnel.
Nous attendons du gouvernement et du législateur qu’ils transposent en droit ces propositions.
Le Premier ministre nous a confirmé son intention de soumettre
au Parlement un projet de loi dans les prochaines semaines qui respecte
l’esprit et la lettre du résultat de la
négociation.
C’est positif.
Concernant les dispositions applicables en matière de temps de
travail, nous rappelons qu’après d’âpres
négociations avec le patronat, il a été convenu de
s’en tenir aux principes repris dans l’Article 17 de la
Position commun. Il stipule que par accords d’entreprise conclus
avec des organisations syndicales représentatives et ayant
recueilli la majorité absolue des voix aux élections des
représentants du personnel, il est possible à titre
expérimental de dépasser le contingent conventionnel
d’heures supplémentaires. Ce qui exclut toute autre
disposition.
Or, depuis quelques jours, les velléités de modifier une
nouvelle fois la législation sur le temps de travail se
multiplient. Elles pourraient se traduire par l’adoption en
catimini par le Parlement de mesures de déréglementation
du temps de travail, dont la portée serait très
négative pour les salariés.
C’est inacceptable.
Nous attirons solennellement l’attention du Président de
la République et de son gouvernement sur les conséquences
qu’engendrerait un tel choix politique.
Outre le fait que les salariés et leurs syndicats seraient mis
devant le fait accompli sur une nouvelle réglementation du temps
de travail qui n’aurait pas été
négociée, une telle attitude signifierait que le
gouvernement et les parlementaires décideraient de faire fidu
résultat de la négociation. Cela ouvrirait pour nos
organisations une nouvelle période dans les relations sociales
avec les pouvoirs publics.
Si le
gouvernement ou les parlementaires ont l’intention de modifier la
loi sur le temps de travail, ils doivent dans le respect des principes
introduits par la loi sur le dialogue social de janvier 2007, proposer
à l’ensemble des organisations syndicales et patronales
d’ouvrir une négociation sur cette question.
Pour l’heure, nous attendons le respect de la position commune du
10 avril 2008. Nos organisations sont prêtes à venir en
débatte avec les groupes parlementaires.n
Déclaration de François Chérèque,
secrétaire général de la CFDT et de Bernard
Thibault, secrétaire général de la CGT © CFDT
(déclaration mise en ligne le 26 mai 2008)
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