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Délocalisations,
la nouvelle critique syndicale
Un
exemple avec le secteur I et T, informatique et
télécoms.
Les
délocalisations sont-elles synonymes de destruction massive
d’emplois ? Le projet européen MOOS, pour
«Managing Offshoring and Outsourcing Sustainable»
vient aujourd’hui renouveler la critique... et les outils
d’intervention syndicale.
Les
délocalisations font souvent l’objet
d’une critique sévère, faite de
nationalisme et de protectionnisme. Sont-elles synonymes de destruction
massive d’emplois, y compris dans la
recherche-développement? Le projet européen MOOS,
pour «Managing Offshoring and Outsourcing
Sustainable», conduit en 2006-2007 par 7 organisations
syndicales – la CFDT Cadres pour la France -, vient
aujourd’hui renouveler la critique. Tout en construisant des
outils d’intervention syndicale adaptés pour les
équipes confrontées aux
délocalisations. A quelles conditions la
mondialisation et la nouvelle division internationale du travail
peuvent elles être opportunités, tant pour les
travailleurs en France et en Europe, que pour les
travailleurs des pays émergents? Quels
peuvent être les outils d’une intervention
syndicale dans les entreprises pour favoriser la transformation des
risques en opportunités, remettre les questions
d’emploi, de compétences au cœur des
préoccupations ?
Un regard sur les ces 25
dernières années permet
d’éclairer les choix des entreprises en
matière de localisation de leurs activités
informatiques. Que constatons-nous? Les entreprises ont
recherché en permanence des économies
d’échelles, des gains de productivité,
des moyens de réduire leurs coûts de conception,
développement, production de systèmes de gestion
automatisée. Lorsque les regroupements de moyens sous la
forme de groupement d’intérêt
économique (GIE) hébergeant des
systèmes propriétaires n’ont plus
suffi, les entreprises se sont tournées vers des progiciels
de gestion intégrée (progiciel de gestion
intégré, PGI, en anglais Entreprise Ressource
Planning, ERP). Cette standardisation des outils de gestion
couplée à l’industrialisation des
activités de développement, de maintenance et
d’exploitation des systèmes a largement
participé de l’étape suivante: celle
consistant à externaliser ou
«outsourcer» massivement tout ou partie de ces
activités auprès de prestataires
spécialisés (Facilities Management de
Maintenance, de production, de gestion de parcs…),
variabilisant ainsi leurs charges par un paiement à
l’acte ou à la prestation. Lorsque les directions
générales ont considéré que
leur informatique leur coûtait encore trop cher, soit en
interne, soit auprès de SSII, elles se sont
orientées vers des solutions à bas
coûts de main d’œuvre, jouant sur la
variable d’ajustement de la masse salariale, même
si d’autres critères ont parfois guidé
ces choix (développement sur des marchés
émergents…). Ainsi est apparu
l’offshoring vers les pays du Maghreb mais surtout vers
l’Asie du Sud-Est, vers l’Inde, puis vers la
Chine… et demain ?
La
seule logique de la compétitivité par les
coûts n'est «tenable», durable, pour deux
raisons:
-
un effet de seuil de la politique du coût le plus bas
-
la nécessaire si ce n’est impérative
création de valeur ajoutée compétitive
Sans doute
avons-nous atteint des effets de seuil en matière de
politique à bas coût. La
compétitivité des entreprises se jouera aussi sur
la performance de leur système informatique, c'est-à-dire
la capacité de celle-ci à contribuer à
la création d’une valeur ajoutée
différenciatrice. Si pendant 25 ans, les entreprises ont peu
questionné le processus de conception –
fabrication de code et de composants logiciels, elles ne pourront plus
en faire l’impasse. C’est bien le contenu du
travail de tous les acteurs de la chaîne
d’activités et leurs compétences
qu’il faut désormais réinterroger pour
plus d’efficacité, de qualité, de
productivité. Le renouvellement de notre critique des
délocalisations dans ce secteur doit nous permettre
d’aller jusqu’à la formulation de
propositions innovantes, de nouvelles grilles de questionnement,
d’analyse et d’évaluation. Comme le
résume Francis Ginsbourger qui nous a accompagnés
dans cette démarche, il nous
faut passer d’un pilotage par les coûts
à une gestion économique du travail.
L’entrée par une prospective des
compétences devient alors incontournable. Quel challenge!
Pour
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